Déjà auréolé de la récompense suprême pour son film précédent, The Square, Ruben Östlund a remis le couvert et est reparti avec la Palme d’Or pour son nouveau film. Le choix du jury présidé par Vincent Lindon incarne une volonté de rupture qui récompense également l’un des films les plus accessibles de la compétition. Provocateur, lourd, vulgaire et pourtant terriblement vivant. Sans filtre alterne entre l’envie de subversion gratuite et la véritable farce sociale. On se retrouve alors presque honteusement au bord des larmes de rires dans ses scènes les plus inspirées et les moins... subtiles. Car aussi paradoxal que cela puisse paraître, le film ne fonctionne jamais autant que quand il est terre à terre, laissant ce coté toute subtilité et embrassant son histoire sans avoir peur de choquer. Si Ruben Östlund aspire tant à se moquer des rapports de forces c’est également à Cannes, épicentre des ultra-riches, qu’il est le plus applaudi : cible manquée ou hypocrisie ambiante, ce sera au public d’en décider.