La cinéaste, que l’on n’attendait pas forcément sur un tel sujet, elle qui cultive plutôt une fantaisie décalée, un art du conte et de la légèreté, trouve justement dans ce pas de côté une manière de renouveler son cinéma tout en restant fidèle à ses fondamentaux. Inspirée comme jamais, elle apparaît dans le rôle de l’épouse, adapte avec brio et sans fioriture le récit de Franck Courtès. L’intelligence de l’adaptation, (récompensée du Prix du scénario à la dernière Mostra de Venise), est d’avoir su trouver le bon équilibre entre la violence qui frappe cet homme déclassé et son humour qui ne le quitte jamais, un regard critique sur le monde du travail aliéné et aliénant et une ironie poétique dans sa représentation. À pied d’œuvre est sobre, juste, modeste, entre Reggiani et Souchon, le 70 mm et le super 8. Quant à Bastien Bouillon, quel comédien rare !